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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 20:09
Plus justes que les impôts indirects, qui sont proportionnels, les prélèvements progressifs que sont l'impôt sur le revenu et l'impôt sur la fortune ne cessent de reculer. Et le budget de 2010 confirme cette inquiétante tendance. L'examen par le Parlement du projet de loi de finances pour 2010 a apporté une triste confirmation : la fiscalité progressive française est décidément dans un piteux état. Occupant une place de plus en plus réduite dans le paysage fiscal national, elle joue du même coup un rôle redistributif de plus en plus limité. Et le constat vaut tout autant pour l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) que pour l'impôt sur le revenu.

Sous le coup de la crise, qui a fait reculer les actifs boursiers ou immobiliers, mais plus encore sous l'effet des mesures de Nicolas Sarkozy, l'ISF s'est d'abord effondré. Déjà, en 2008, il avait spectaculairement reculé de 5%, pour ne plus porter que sur 4,2 milliards d'euros, du fait de la mise en œuvre des promesses de campagne du chef de l'Etat (durcissement du bouclier fiscal...), qui avaient amputé les recettes de ce prélèvement de près de 700 millions d'euros. Pour 2009, la loi de finances initiale escomptait une nouvelle baisse, encore plus impressionnante de -14,2%, soit 3,6 milliards d'euros. Mais, en exécution, les grandes fortunes ont été encore mieux loties : l'impôt n'a rapporté que 3,5 milliards d'euros. Et pour 2010, c'est ce même montant de 3,5 milliards qui est inscrit dans le projet de loi de finances.

Autant dire que 2010 sera une formidable année. Pour les grandes fortunes, évidemment, pas pour les caisses de l'Etat qui n'ont jamais été dans un état aussi délabré.

La situation de l'impôt sur le revenu n'est guère plus reluisante. Selon les projections inscrites dans ce projet de budget, cet impôt sur le revenu ne rapportera que 54 milliards d'euros en 2010, soit seulement 15% des 347 milliards d'euros de recettes fiscales (brutes) qui viendront alimenter le budget de l'Etat.

Au fil des ans, et sous l'effet d'une cascade de mesures d'allégement prise par la droite mais aussi par la gauche, le poids de l'impôt sur le revenu est devenu ridiculement faible par rapport aux autres impôts. La France se distingue d'ailleurs en cela de la plupart des pays de l'OCDE, où le poids moyen de l'impôt sur le revenu est de 30% des recettes fiscales totales, soit deux fois plus que dans notre pays.

En résumé, le poids des prélèvements indirects (proportionnels et donc relativement injustes) n'a cessé en France de progresser. Et dans le même temps, les deux grands prélèvements progressifs que sont l'ISF et l'impôt sur le revenu, ont été mis à mal.

Cette évolution contrevient à la Déclaration des droits de l'homme qui, en son célèbre article 13, défend très explicitement ce principe de la progressivité de l'impôt: « Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés ». Mais le chef de l'Etat s'en soucie-t-il ? On devine que c'est un autre adage qui inspire sa politique fiscale : « Pourquoi faire payer les riches ? Faisons payer les pauvres, ils sont beaucoup plus nombreux ».

Laurent Mauduit - mediapart
Ancien chef du service économique de Libération puis directeur adjoint de la rédaction du journal Le Monde, auteur de nombreux essais, Laurent Mauduit est co-fondateur de Mediapart.fr dont il est un des chroniqueurs économiques.
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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Des nouvelles du Royaume de France
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 11:41
Troublant...



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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Des nouvelles du Royaume de France
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 12:33
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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Vla de la culture
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 00:13
Notre vieille Gipsy est morte de belle mort à 17 ans en avril 2008 (un jour peut-être je scannerai les photos papier que j’ai prises d’elle).

En juillet 2008, pour la remplacer, et il n’en fallait pas moins, Laureline m’a offert deux minettes.

En voici une.

Née chez une amie à elle, cette Européenne tigrée a été nourrie au biberon.
C’est une friponne de première classe.










Vous avez beau lui interdire les choses, tempêter, hurler NON, y aller du coup de torchon, elle ne comprend pas.
Pourquoi Diam’s ?

Parce que d’abord c’était l’année des D, ensuite je n’ai jamais entendu un chat causer de manière aussi véhémente et fréquente. Elle a toujours quelque chose à dire.















La plupart des chats miaulent pour demander quelque chose. Elle, même pas la peine, elle cause pour causer.


C’est une purge affectueuse, dont le grand plaisir est d’aller piéter sur les côtes de Victor, lui offrant en gros plan le spectacle de son cul en lieu de celui de la lucarne magique.
Après avoir été stérilisée, elle a tellement grossi (j’ai remarqué que les Européens tigrés sont rarement filiformes) que tout le monde croit qu’elle est enceinte. Cet été, elle a bien couru dehors, elle a tout de même un peu minci.




















































Elle est casanière, et déteste rester trop longtemps dehors. Sinon, je ne vous dis pas les miaulements désespérés, comme si ça faisait 15 jours qu’on l’avait abandonnée.






















Cette minette est une folle de la flotte en général, de la salle de bains en particulier.

Comme elle allait téter les robinets, j’ai acheté (17 € sur zooplus) une fontaine pour chats.

Ces engins sont vraiment inventés pour répondre aux besoins de ce genre d’emmerdeuse, qui préfère nettement l’eau courante.

Elle a été la première des trois chats, et elle n’a pas mis longtemps, à comprendre à quoi ça servait.



Ma lessive ? Le Chat Machine !
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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Chat - ch'est bien vrai
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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 23:45
Celle-ci j'ai pleuré de rire en la visionnant (et je pleure à tous les coups).
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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Chat - ch'est bien vrai
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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 23:28

On trouve des perles sur youtube!



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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Chat - ch'est bien vrai
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 20:13
En avoir entendu parler, c’est une chose, le voir, c’en est une autre.
On a beau être prévenu, c’est impressionnant.
Sachant que ce 21 août au soir sévissait une marée de 110 (14 mètres de montée, tout de même !), nous sommes allés le soir, derrière le camping de la Vanlée, là où les routes étaient signalées comme inondables.
Nous étions côté plage.
Côté village, à l’autre bout de la route, il
y avait une foule alignée qui déjà observait le phénomène, l’eau commençant à monter de ce côté-là via une anse.
De notre côté, nous n’étions pas en reste, la solitude n’était pas de mise.
20 h 30 : Côté anse, l’eau arrive subrepticement sur la route.
On voit encore de la verdure,
les rigoles s’emplissent doucement.
La veille encore, les moutons paissaient tranquillement dans ces prés dits salés,
où pousse une plante dont je n’ai pas retenu le nom et dont le goût rappelle celui du haricot vert.
Ils ont été rapatriés, comme à chaque grande marée, dans des quartiers plus secs.
Le mouton salé, oui,
le mouton noyé, non !
L’eau prend la route latéralement,
venant du côté anse.
Une petite mare,
une rigole transversale…
Et hop, la traversée est faite. Tranche par tranche.


20 h 36 Bientôt on ne verra plus
les piquets…
Les canaux des prés-salés s’emplissent.




Côté lagune,
la mer reprend son domaine.
Inexorablement.
20 h 43, la route n’en est plus une pour sa moitié, les deux parties inondées se rejoignent par le côté village.
De moins en moins prés,
de plus en plus salés
Et d’un seul coup, que s’est-il passé ? Tout le monde observait cette lente montée latérale qui, d’un coup d’un seul, est devenue soudaine, la route étant certainement plus plate à cet endroit-là.
En quelques secondes, elle fut submergée, et nos orteils avec, voire nos bas de pantalons.
Panique à bord.
Je ne pouvais pas courir, les éclaboussures ayant risqué de détériorer mon Canon en bandoulière. Marchant vivement tout de même, maintenant l’appareil en hauteur, je me suis surprise à dépasser sans un regard des enfants, des personnes âgées.
Je me suis fait cette réflexion qu’en cas de danger, et il était pourtant minime outre se faire saumurer les chausses, et bien, toute personne morale que l’on soit, c’était d’abord pour sa pomme !
Alors pour la séance photos « filmons le phénomène », il y a forcément un trou dans le timing…
20 h 50 : OK le montage n’est pas top, mais pas envie de faire mieux.
Malgré les apparences,
devant, c’est la route.
À la place des moutons, des kayaks.
Une minute entre la première
et la dernière prise de vue.
Partout, la terre rend l’air qu’elle décelait : des bulles, des bulles...
21 h 07, marée à son apogée.
La mer toujours recommencée, qu’ils disaient.
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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Vacances en Manche
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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 22:55
En l’an scolaire 1970/1971, j’étais en 1ère, on encourageait les élèves à dire un poème de leur choix.
Le dire, le déclamer, le vivre.

Encore un que je connais toujours par cœur.

Recherchant nonobstant le texte sur internet, pour voir si ma mémoire était fidèle, j’ai lu des versions écourtées ( !), et d’autres avec comme dernière phrase « Il avait juste eu le temps de vivre. »
Merde alors ! Et le rythme des vers, ça ne les a pas choqués, ces gougnafiers, de coller un pied de plus au dernier vers, pour un mot totalement inutile de surcroît, qui prouve que l’auteur de ce méfait n’a rien compris au texte.

Quand je l’avais déclamé, toute la classe retenait son souffle. Mon ton, sur les vers ici en vert, était enjoué, rempli de bonheur (mais que viendrait faire ce « juste » ici, grands Dieux ?). Sur les vers en noir, le ton était neutre, les mots hachés, sauf pour les « Pourvu qu'ils me laissent le temps », un ton inquiet ou interrogatif. Le prof m’avait mis 20/20.

Le Temps de vivre


Il a dévalé la colline
Ses pas faisaient rouler des pierres

Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie


Il respirait l'odeur des arbres
Il respirait de tout son corps
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre


Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil


Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps

Il est arrivé près de l'eau

Il a plongé son visage
Il riait de joie. Il a bu

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés


Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre


Boris Vian
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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 22:15
Ce poème, je l’ai appris et récité avec beaucoup de ferveur quand j’étais en 4e. Il est ressorti intact de ma mémoire, 42 ans plus tard (je sais, ça ne nous rajeunit pas !)
J’ai mis en bleu la portion qui nous avait été donnée par le prof.
Nous n’étions pas obligés d’apprendre les villages, mais moi, ça m’avait plu, non pas pour l’exploit, mais pour le plaisir de ces jolis mots en bouche.

Prairie adieu mon espérance
Adieu belle herbe adieu les blés
Et les raisins que j'ai foulés
Adieu mes eaux vives ma France

Adieu le ciel et la maison
Tuile saignante ardoise grise
Je vous laisse oiseaux les cerises
Les filles l'ombre et l'horizon

J'emmène avec moi pour bagage
Cent villages sans lien sinon
L'ancienne antienne de leurs noms
L'odorante fleur du langage

Une romance à ma façon
Amour de mon pays mémoire
Un collier sans fin ni fermoir
Le miracle d'une chanson

Un peu de terre brune et blonde
Sur le trou noir de mon chagrin
J'emmène avec moi le refrain
De cent noms dits par tout le monde

Adieu Forléans Marimbault
Vollore-Ville Volmerange
Avize Avoine Vallerange
Ainval-Septoutre Mongibaud

Fains-la-Folie Aumur Abdance
Guillaume-Peyrouse Escarmin
Dancevoir Parmilieu Parmain
Linthes-Pleurs Caresse Abondance

Adieu La Faloise Janzé
Adieu Saint-Désert Jeandelize
Gerbépal Braize Juvelise
Fontaine-au-Pire et Gévezé

Que je respire - Et je respire
Ces étoiles dans ma gorge y
Font une lueur de magie
Trompent l'exil mon faux empire

Il faut reprendre ô saoulerie
Ce déroulement implacable
Et boire et boire les vocables
Où flambe et tremble la patrie

Aigrefeuille-d'Aunis Feuilleuse
Magnat-l'Étrange Florentin
Tilleul-Dame-Agnès Dammartin
Vers-Saint-Denis Auvers Joyeuse

Cramaille Crémarest Crévoux
Crêches-sur-Saône Aure Les Mars
Croismare André Vourles Vémars
Amarens Seuil Le Rendez-Vous

L'Ame Sommaisne Flammerans
Sore Sormonne Sormery
Sommeilles La Maladrerie
Bussy-le-Repos Sommerance

Mon pays souffre mille maux
S'en souvenir monte à la tête
Ah démons démons que vous êtes
Versez-moi des mots et des mots

Il reste aux mots comme aux fougères
Qui tantôt encore brûlaient
Cette beauté de feu follet
Leurs architectures légères

Angoisse Adam-les-Passavant
Bors l'Aventure Avril-sur-Loire
La Balme-d'Épy Tréméloir
Passefontaine Treize-Vents

Adieu le lieudit l'Ile-d'Elle
Adieu Lillebonne Écublé
Ouvrez tout grands vos noms ailés
Envolez-vous mes hirondelles

Et retournez et retournez
Albine Alise-Sainte-Reine
Les Sources-la-Marine Airaines
Jeux-les-Bards Gigors Guéméné

Vers Pré-en-Paille ou Trinquetaille
Vers Venouze ou vers Venizy
Lizières Lizine Lizy
Taillebourg Arques-la-Bataille

Albans-Dessus Albans-Dessous
Planez lourds aiglons des paroles
Valsemé Grand-Cœur Grandeyrolles
Jetés au ciel comme des sous

Adieu Caer et Biscarosse
Poignards que vous avez d'éclat
O Saint-Geniès-de-Comolas
Adieu Néronde Orny Garosse

Pas un qui demeure sur cent
Villages aux noms de couleur
Villages volés mes douleurs
Le temps a fui comme du sang

Musiques s'il n'est pas trop tard
Parfumez le vent parfumé
Sanglotez les cent noms aimés
Que j'écoute au loin vos guitares

Louis ARAGON
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 23:23
 Face à Saint-Martin-de-Bréhal, les îles Chausey.

Mais où va ce bipède nommé Victor ? 
 Il cherche la mer !
Deux kilomètres au moins,
mais il n’ira pas jusqu’au bout !
 
 D’autres cherchent des coquillages.
La mer commence sensiblement
à remonter sur les moulières.
 
 Et sur les parcs à huîtres.
Les uns grattent le sable, 
 . . . les autres travaillent.
Et la mer continue de monter. 
Il paraît qu’à chaque grande marée,
dixit un local,
y a des couillons
qui se font prendre.
Ben on a vu.
Enfin on n’a pas vu le pourquoi du comment,
mais le crétin du jour doit certainement partir du principe que sa nombreuse famille crie famine et qu’il doit à tout prix rester jusqu’à la dernière minute possible pour ramener en son foyer de la protéine gratuite.
Ou alors, il a dû croire que la grande marée, c’était pas pour lui.
C’est vrai quoi.
Il ne voulait pas, lui, donc la mer n’avait qu’à obtempérer.
Pris par les eaux, le voilà hissé dans les bras du sauveteur.
Si c’était un pari qu’il avait fait avec ses copains comme quoi il aurait un baptême d’hélicoptère gratos,
il en est resté pour ses frais, il a été redescendu illico, et encore, pas sur le sable sec, il se tapera le reste à pied.
Je vous ai fait grâce du comité d’accueil des potes en question. . .
 Et la mer monte.
Quarante minutes entre la  première photo
des moulières et celle-ci.
Dix minutes plus tard. 
 Enfin il peut aller se baigner,
la mer est à proximité.
Ils peuvent aller se baigner.
La mer n’a encore pas fini de monter.
Suite au prochain article.
 
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Published by oiseau-lyre - dans Vacances en Manche
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