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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 11:03
Je vais tenter ici une œuvre de salubrité publique.

Pour vous mettre dans l'ambiance, écoutez et voyez le sourire de Georges Brassens: "Le Temps n'y fait rien à l'affaire".


(Vous pouvez aussi aller écouter Lynda)

Une histoire de vocabulaire.

Mettons par exemple un goujat de base.
Le cuistre vient de larguer là sa charrette, tel le chien posant sa crotte, à savoir n’importe où.
Toi tu arrives, tu veux, tu dois te faufiler avec ta caisse à toi, sur un pitin de parking enneigé et verglacé. Pas question évidemment de jouer violemment de ta direction assistée, sous peine de dérapage incontrôlé et paf ! l’assurance qui dit que t’as tort.

Mettons que le fâcheux, benoîtement calé sur son séant au volant de sa voiture toute neuve de petite cylindrée, qui vous renifle à cent pas la prime à l’épave, n’aie pas l’idée de reculer ladite tire des 60 cm dont il dispose. Ou dont il disposerait si, de la nébuleuse de sa matière grisâtre, émergeait le fait qu'il n'est pas seul au monde. Et dont il saurait disposer si son permis de conduire avait comporté l'option facultative de : "Marche-arrière-sans-cogner-la-barrière-car-il-y-a-de-la-place".

Mettons que le crétin renaultisé s’extraie de sa boîte à savon pour t’accuser t’avoir frôlé son superbe véhicule.
Mettons que tu te gausses de lui, cherchant en vain le sinistre ès carrosserie.

Mettons que l’emmanché, non content de t’agresser verbalement, menace de te frapper.
Mettons que tu le mettes au défi, du genre : «Chiche, vas-y, y a plein de témoins ».
Mettons que le maraud t’accuse de ne vouloir que ça.

Toi, totalement ahurie et hors de toi, tu trouves quoi à lui envoyer ?
- « Gros con ! »

...

Certes il l’est.

Mais tu regrettes que, dans l’émotion, ton subconscient ne t’ait trouvé que ça sous le neurone.

Haaaaaaaa où il est le bon temps où tu laissas coi dans sa crétinerie un autre ostrogoth par un percutant : "Hal dei gosh" (littéralement "Ferme ta gueule", non pas en allemand, mais en patois schwabe).

Tu as aussi déjà usé du "Arschloch" ("trou du cul"), abscons pour les non-germanistes.

Et cette fois où, par un "Penn boultouz" (en Breton: "tête de lotte" - ha ben oui ! vous avez déjà maté une lotte droit dans les yeux ? regardez:  t-te-de-lotte.jpg(source). Ha vous comprenez enfin que c’est une injure sévère en Pays Bigouden !), tu renvoyas un fesse-matthieu croûtonner comme le cloporte qu’il était au fond de sa lessiveuse…

Le stress généré par l’algarade t’en a procuré un autre, bien plus redoutable : "Et si je ramollissais du vocabulaire ?"

Incontinent (mais non, pas chez Téna !), tu t’en fus chercher au fond de tes :
- cerveau
- dictionnaire
- autres google
les vocables dignes de remplacer ce "gros con" qui non seulement est d’un commun à pleurer, mais, et c’est le pire, est directement compris par le gros con en question, car là, vous parlez la même langue, n’est-ce pas.

Le dégénéré, il faut lui clouer le bec. Et pour ce, il ne faut pas qu’il comprenne l'invective tout en comprenant que c’est une injure (vous suivez ?)

Voire que ce ne soit pas une injure du tout mais comme il ne comprend pas le mot, à consonance injurieuse, il croit que c’en est une.

Et puis mettons qu’il comprenne, ça va lui en trouer un autre, d’entendre ta richesse de syntaxe.

Bref voici une liste qui peut servir à tout le monde. (Ils sont au masculin, un grand nombre peut être féminisé.) (Faites des essais, à voix haute, avec le point d'exclamation bien placé, vous allez voir qu'il y en a qui rendent bien.)
À apprendre par cœur.

Moi la première.

NDLR : toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé pourrait ne pas être fortuite.


Aberrant Abêti Abruti Accapareur
Alcoolique Allumé Amphitryon Anacoluthe
Analphabète Anchois Andouille Âne
  Animal   Anthropophage   Anthropopithèque   Apache
  Apprenti dictateur   Arlequin   Athlète complet   Autocrate
  Autodidacte  Aztèque   Babouin   Bachi-bouzouk
  Badaud   Bad-triper  Ballot   Balourd
  Bandit   Barbare   Barjo   Bâtard
  Baudet  Béat   Beauf   Bécasson
  Bédole   Béjaune   Bêlant   Bélître
  Benêt   Bestiasse   Bestiau   Bête
Bibendum Biscornu Boit-sans-soif Borné
Bouché Bougre Bredin Brèle
  Brontosaure   Brute   Bulldozer   Buse
  Butor Cachalot   Cafard   Calamité
  Calomniateur   Calomnieux  Canaille   Canaque
  Cancre   Cannibale   Carnotaure   Casse-bonbons
 Casse-couilles  Casse-pieds   Casseur   Catachrèse
 Cataplasme   Catastrophe Catier   Cératosaure
Cercopithèque   Chauffard  Chenapan   Choléra
  Cloche Cloporte   Coelophysis   Coléoptère
  Coloquinte   Comique   Compsognathus  Conasson
Concubin  Concupiscent
  Coquin   Corniaud
 Cornichon  Corsaire   Couenne Couille molle
  Couillon  Coupe-jarret   Cow-boy Crème d'emplâtre
Crétin des Alpes   Cro-magnon Croûte Cruche
  Cuistre   Cul   Cyanure   Cyclone
  Cyclotron   Dadais   Dandin   Débile
  Dégénéré Délinquant Demeuré   Démon
Dépendeur d’andouilles   Déraisonnable   Diable   Dictateur
 Diplodocus Doryphore Dynamiteur Ébahi
  Écornifleur   Écraseur   Ectoplasme
  Égoïste Emmanché Emmerdeur Empaffé
  Emplâtre   Empoisonneur   Encrassé   Énergumène
  Enflé   Enflure   Engourdi   Enragé
  Épais   Épouvantail   Esclavagiste Escogriffe
  Escroc Étalon de conomètre Éthylique   Exanthème
Fâcheux Fant de pute  Faquin  Faux-jeton
 Fesse-matthieu  Fieffé  Fieffé coquin Fienteux
 Fis de moyne Fleur de nave  Flibustier  Forban
 Fou  Fourneau Fruste Gallimimus
  Gallinacée   Galopin   Ganache   Gangster
Gibier de potence Gougnaffier   Goujat   Gourde
Gras du bide Gredin Gros cul Gros plein-de-soupe
Gyroscope Hébété Hématophage Hérétique
Hors-la-loi Huître Hurluberlu Hydrocarbure
Iconoclaste Idiot Infâme Infâme individu
Iguanodon Ignorant Ignorantus, ignoranta, ignorantum Illogique
Imbécile Impertinent Importun Impuissant
Incapable Incohérent Inepte Inintelligent
Innocent Insensé Interdit Invertébré
Jarnicoton Jésuite Jocrisse Judas
Ku-Klux-Klan Lascar Lobotomisé Logarithme
Loup-garou Lourd Lourdaud Lourdingue
Macaque Mâchoire Macrocéphale Malappris
Mal-élevé Mal embouché Malotru Mamelouk
Manche Maraud Marin d'eau douce Marmotte
Maroufle Mauvaise herbe Mauviette Médisant
Mégacycle Mégalomane Melon Menteur
Méprisable Mercanti Mercenaire Merdeux
Mérinos Minus Misérable Mitrailleur
Monolithe Morpion Morveux Mouchard
Moujik Moule Moule à gaufre Mouton
M.S.T. Mufle Mussolini
de comedia del arte
Mythomane
Napoléon d'opérette Navet Niais Nigaud
Noix Non-sens Nul Nyctalope
Obtus Occiput Olibrius Ophicléide
Ornithorynque Oryctérope Ostrogoth Ouf
Ours mal léché Oviraptor Palimpseste Paltoquet
Pandiculé Pandore Panouille Pantoufle
Papou Paranoïaque Parasaurolophus Parasite
Patagon Patapouf Patate Pauvre type
Pédant Pesant Pesteux Phallocrate
Phénomène Phlébite Phlébotome Phtysie galopante
Phylactère Phylloxera Pignouf Pirate
Plat Poids lourd Poire Polichinelle
Polygraphe Poplité Porc Porc-épic
Portefaix Poux Prurit Psoriasis
Presbyte Prétentieux Protozoaire Punaise
Purotin Putain de moine Pute vierge Pyromane
Pyrophore Quasimodo Rabat-joie Racaille
Rachitique Ramolli Ramolli du bulbe Rapace
Rat Rat de cave Ravachol Renégat
Résidu de fausse couche Rhizopode Ribaud Rocambole
Rouquin Rustre Sacripant Sajou
Saligaud Saltimbanque Sanglant coupaul Sapajou
Satrape Saucisse Saugrenu Sauvage
Scatologique Scélérat Schizophrène Scolopendre
Scorpion Séminariste Septicémie Serpent
Simple Simplet Sinapisme Sinoque
Sorcier Sot Souche Soulographe
Staline de magazine Stupéfait Stupide Surpris
Sycophante Tabellion Taliban Tartuffe
Technocrate Ténia Terroriste Tête de lard
Tête de mule Tête de noeud Typhus Tique
Titanosaure Topinambour Tortionnaire Tourte
Trafiquant Traîne-potence Tricératops Troglodyte
Trompe-la-mort Trou de balle Trou du cul Turlupin
Twit Vachard Valet Vampire
Vandale Va-nu-pieds Vaseux Vaudois
Vaurien Velléitaire Velociraptor Ver de terre
Vérole Vermicelle Vermine Vilain
Vipère Vivisectionniste Voyou Wisigoth
Zapotèque Zèbre Zigomar Zigoto
 Zouave  Zoulou

N.B. : Tout rajout à cette liste est le bienvenu.

NN.BB . : en vérifiant une orthographe bretonne, j’ai pleuré de rire sur ce blog.



NNN. BBB.: allez, encore un petit régal trouvé sur la toile.
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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Que du vécu!
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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 16:20

ou

Une heure de ma vie chez les snobs

 

 

Moi, c’est définitif,
aux coquetelles Rive gauche
je préfère un brave apéro entre copains !

Le pastaga-cacahouètes
a des vertus conviviales irremplaçables !

Et si nécessité doit vous faire fréquenter
ces lieux emplis de snobs,
vous ne pouvez vous empêcher de penser
que c’est vous qui êtes normal
en fréquentant des gens normaux !

 

 

Il m’est arrivé de me faufiler dans une présentation de livre, histoire de profiter de connaissances de ma famille, histoire de placer mon C.V. de journaleuse certes, mais je peux aussi travailler chez un éditeur !

L’observation de cette faune, je ne puis m’empêcher de vous la narrer ici.

 

 

C’est mon papa qui m’a demandé de le remplacer à la présentation d’un superbe livre à laquelle il était invité. L’éditeur, qu’il connaissait, coauteur de plus de ce livre, pourrait peut-être m’être de quelque utilité.

Donc je prends ma voiture, pas le train, l’invitation au cocktail est de 18 à 21 heures, pas envie de revenir trop tard par le train, pour parcourir les quatre-vingt-dix kilomètres me séparant de la capitale.

 

Mon repérage est fait, facile, les quais, le Pont-Neuf, la rue donne presque en face, sur la Seine. Ce vieux Paris de la rive gauche, ces ruelles qu’Haussmann a négligées à la faveur du percement du boulevard Saint-Germain...

Oui j’aime ce vieux Paris et y vaquer avec en tête quelques souvenirs, quelques récits d’un autre temps, frustre il est vrai, mais certainement plus authentique qu’aujourd’hui...

Mais que vois-je en longeant cette petite rue ?

Des galeries de peinture, alternant avec des marchants d’objets d’art, que reste-t-il des librairies qui... disparues ! Des « boutiques », espèces de salons tout de blanc plâtrés, aux éclairages halogènes agressifs, avec un bellâtre au mitan de quatre machins tarabiscotés aux étiquettes faramineuses, prenant des mines en discourant sur son portable. Quand ce sont des femmes, on est carrément en droit de se demander ce qu’elles vendent exactement.

 

Et je tombe en arrêt.

Là, sur le trottoir en face.

Une galerie d’art, certes, mais qui a mis à jour les poutres et solives séculaires. Enfin un lieu qui ressemble à quelque chose, quelque chose comme de la fidélité.

Mon cœur bat.

J’en prends plein les yeux.

Si j’avais le temps j’entrerais dans ce refuge.

 

 

Mais bon c’est écrit dix-huit heures.

Je ne sais pas comment je vais reconnaître M. de B. et sa fille C., pourtant décrits par mon père.

 

Je passe sous un porche pavé, que ces pavés sont doux à mes hauts talons, et j’entre, suivie de près par un vieux monsieur.

Une demi-douzaine de personnes parlent là.

 

Tac ! Un flash dans la figure ! Un confrère mitraille ! Je ne sais pas de quel canard il est, mais ils doivent les sélectionner pour qu’ils se confondent avec l’objet de leurs reportages. Tronche de premier de la classe, une musaraigne en costard. Lui dirai pas que je suis journaliste moi aussi oh non.

 

Le voilà qui s’enquiert : « Vous êtes ensemble ? » auprès du vieux monsieur et moi-même. Ah mais non ! Tant pis, il nous prend en photo ensemble, souriez s’il vous plaît, chuis un peu gênée moi. Je dis au vieux monsieur : « Voyez-vous, nous devons avoir des faciès intéressants ! » ce qui le fait sourire. C’est vrai qu’il a une bonne tête mais ensuite je le perdrai de vue.

 

Personne, évidemment, ne fait attention à moi !

Je monte à l’étage, histoire de repérer les vécés, en profite pour regarder une partie de l’exposition de gravures anciennes dont la reproduction fait l’objet dudit livre.

On me propose une coupe, à laquelle je préfère un verre de jus de fruit, j’ai à rouler ensuite moi.

 

En descendant, je constate que l’endroit s’est empli.

Vu de haut, cela frôle le club du troisième âge, les rares quinquas au milieu passent pour de jeunes filles.

Cette femme que j’ai repérée doit être Mlle C. de B.

Je me présente.

Ça doit être ça.

Aucune confirmation d’ailleurs.

Trois mots de conversation et une autre invitée s’enquiert, auprès de mon interlocutrice, de la présence ou non d’un vestiaire.

Moi, tout sourire : « Ah oui, un vestiaire serait une bonne idée, il fait très chaud !

– Oui mais, me répond-elle, c’est réservé aux gens qui restent jusqu’à 21 heures. »

Ça c’est de la claque !

Vlan en pleine poire !

Je dérange ? Déjà ?

 

 

Y a-t-il des humains dans la salle ?

 

 

Heureusement que j’ai toujours mon manteau sur moi.

Mes mains dans les poches se crispent. Envie de pousser une gueulante, de fuir, de, de...

 

Bon moi je veux surtout causer au papa.

Mais il est débordé.

Tout le monde le sollicite.

Le confrère musaraigne mitraille tous ceux qui lui parlent, et ça s’embrasse, et ça se congratule, y en a qui se connaissent ici.

 

Bon allons voir les gravures à l’étage inférieur.

Je me mets en remorque, l’air de rien, de la visite guidée faite par un monsieur que je subodore fortement être le coauteur, déduction personnelle non exemptée d’erreur.

 

Des cartes anciennes de l’Europe, originaux datant des XV et XVIe siècles, m’accrochent la rétine. Je me régale en cherchant à reconnaître frontières et États, en compagnie d’une dame très XVIe, mais arrondissement, néanmoins sympathique.

Premier contact humain positif.

 

Mon verre de jus de fruit dans un estomac vide commence à en agresser les parois. Un en-cas solide serait le bienvenu. Il y a bien, de-ci de-là, dans de grandes coupelles mâtinées cache-pot, des petits objets aux bords arrondis, ronds carrés ou oblongs, rouges et ocre, vernissés... J’ai pas trop envie de bouffer de la pâte à sel moi...

Ce n’est pas l’endroit où on puisse trouver la cacahouète des familles ! Trop vulgaire ça...

J’en croque tout de même deux ou trois. Mangeable...

 

Je remonte au rez-de-chaussée. Ah ! La foule des grands jours ! C’est vrai, quand on lit « de dix-huit à vingt-et-une heures », arriver à dix-huit heures pétantes est d’un désuet, très chèèèèèère !

Faut jouer des coudes, se faufiler entre les mémés aux cheveux bleus. M. de B. est toujours sollicité et je voudrais bien le saluer de la part de mon père.

 

Cela fait déjà un quart d’heure qu’une envie irrésistible de fuir cet endroit m’étreint...

Alors j’observe cette faune.

Assez hallucinant. À voir et à entendre.

Cette dame, avec son manteau de renard argenté, je ne vous dis pas les millions qu’elle a sur le dos, dont le haut col relevé est resserré par un cache-nez de grosse laine rouge ! Surprenant. Elle se retourne : un bonnet de laine bleu marine jusqu’aux sourcils !

Heureusement que j’ai toujours mon manteau sur moi. Je le resserre, mon chemisier de soie gris perle ouvert sur un bustier de dentelle noire semble faire tache d’un seul coup...

Quart de tour gauche : ça doit être la mode, voilà un cache-nez bleu sur un col de manteau de vison cette fois...

 

Des dames, au milieu de la foule, papotent leur verre à la main. Tendons l’oreille pour avoir leur opinion sur l’exposition et le livre. Raté, elles parlent de leurs ennuis matrimoniaux.

D’autres en discourent, mais je dois être complètement demeurée, ou alors c’est une autre langue, je comprends rien... Personnellement j’appelle ça de la branlette intellectuelle, snob de surcroît...

 

Je retourne observer d’autres cartes anciennes, vraiment hallucinantes, j’avais jamais vu l’Europe le Nord en bas !

J’engage la conversation avec un monsieur d’une soixantaine d’années, propre sur lui, pas de cache-nez incongru, la conversation est aimable autour de cette carte.

Deuxième contact humain positif.

L’ennui, tout de même, est que ce monsieur propage une haleine à détruire un essaim de frelons...

 

Tous ces gens pomponnés, aux allures hautaines, dont la conversation de snob artistique et intellectuel m’ennuie profondément, il y en a certains, faut pas approcher trop près, l’odeur sui generis est vraiment trop agressive. Pourtant il m’avait semblé comprendre qu’il existait des déodorants de poche... D’haleine aussi d’ailleurs...

 

Ah ! L’hôte semble être libéré !

Je m’avance, il me serre la main tout sourires, avant même que je me présente, un bon point pour lui.

Ah, votre père n’est pas venu, eh non vous savez, mais...

Et je lui parle de mon père, de ce manuscrit de lui que je travaille en ce moment, le monsieur est toute ouïe, enfin un être humain... quand il voit entrer une connaissance à lui !

 

Et il me plante là, sans même une excuse ou un au-revoir...

 

Ça s’appelle prendre un vent ça...

Et moi qui avais gentiment préparé et mis en page pour mon papa un petit topo sur son prochain bouquin, histoire de distribuer...

Ne parlons pas de mon C.V., la dizaine d’exemplaires dont je me suis munie restera aussi au fond de mon sac...

Je file aux toilettes, moins pour le petit besoin que pour regarder discrètement ma montre : dix-neuf heures. Elle avait raison la petite dame, je ne tiendrai pas deux heures de plus.

Même pas deux minutes.

 

Je me casse je me tire je me barre.

Personne ne me dira bye bye.

Je ne manquerai à personne.

 

Mon arrivée dans la rue est saluée par un concert de klaxons.

J’ai vraiment hâte de retrouver mon petit village...

 

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Published by Catherine ROUSSEAU - dans Que du vécu!
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